larder

larder

larder [ larde ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1175; de lard
1Piquer (une pièce de viande) de lardons introduits dans l'épaisseur du morceau. entrelarder. Larder du bœuf à braiser avec une lardoire.
2Par anal. (Techn.) Garnir (une pièce de bois) de nombreux clous pour faire tenir le plâtre qu'on veut y appliquer. Garnir (une voile, un paillet) d'une couche de filins effilochés et suiffés. Larder une étoffe : provoquer un entrelacement irrégulier (lardure n. f. ) des fils en engageant à faux la navette à travers la chaîne.
3Transpercer, piquer à plusieurs reprises. Larder qqn de coups de couteau.
4Fig. Cribler. « de menues épigrammes dont elle tentait de le larder » (A. Gide).
Entremêler, truffer. Larder un texte de citations. Un « style lardé de pédantismes » (R. Rolland).

larder verbe transitif (de lard) Garnir de lardons l'intérieur d'une pièce de viande. Transpercer quelqu'un en plusieurs endroits, à coups de couteau, d'épée. Mettre, introduire quelque chose en grand nombre dans quelque chose : Larder son discours de citations. Garnir une pièce de bois d'un lardis, pour augmenter l'adhérence d'un mortier de remplissage ou de recouvrement. Marquer une carte pour l'introduire frauduleusement dans un jeu. ● larder (homonymes) verbe transitif (de lard)larder (synonymes) verbe transitif (de lard) Mettre, introduire quelque chose en grand nombre dans quelque chose
Synonymes :
- entremêler
- hérisser

larder
v. tr.
d1./d Larder de la viande, y piquer de petits morceaux de lard.
d2./d Par anal. Larder qqn de coups d'épée, de couteau, lui porter de nombreux coups d'épée, de couteau.
d3./d CONSTR Larder une pièce de bois, y planter des clous pour maintenir le plâtre dont on la recouvre.

⇒LARDER, verbe trans.
A. — Le plus souvent au part. passé. Garnir (une pièce de viande) de morceaux de lard longs et minces enfoncés dans toute l'épaisseur. Synon. piquer. Larder de la viande dru et menu, la larder de gros lard (Ac. 1835, 1878); larder un morceau de bœuf à la mode (Ac. 1935). Les aides recevaient les pièces lardées, troussées, épicées, pour les porter aux fourneaux qui (...) ressemblaient plutôt aux forges de Vulcain qu'à des officines culinaires (GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 279). Une savoureuse portion de veau, généreusement lardée, fricassée dans la poêle et garnie de carottes (MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p. 696).
Emploi abs. Un rôtisseur qui larde bien, qui larde proprement (Ac. 1835, 1878).
P. anal. Garnir d'ingrédients divers. À la maison on larde les gigots d'échalote et d'ail; le père les aime ainsi (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 310). Gigot à la languedocienne (...) lardez toute la chair avec du céleri cuit à moitié dans du bouillon (AUDOT, Cuisin. campagne et ville, 1896, p. 562).
B. — P. anal.
1. Fam. Transpercer, piquer (quelqu'un ou quelque chose). Larder qqn à/de coups de baïonnette, de couteau, d'épée; larder d'entailles, de piqûres. Une voiture de foin que les douaniers lardèrent avec des tiges de fer à toutes les étapes (ADAM, Enf. Aust., 1902, p. 311). Un nid de guêpes (...) J'ai la peau lardée d'aiguillons (GENEVOIX, Boîte à pêche, 1926, p. 170) :
1. ... Lampourde et Scapin recevaient les laquais de la belle manière; Lampourde les lardait de sa longue rapière comme des rats, et Scapin leur martelait la tête avec la crosse d'un pistolet...
GAUTIER, Fracasse, 1863p. 420.
Emploi pronom.
réfl. indir. Ce bonhomme qui travaillait (...) le soir, à la bibliothèque Sainte-Geneviève, et qui, pour s'empêcher de sommeiller, se lardait le dos de la main à coups de canif (DUHAMEL, Journal Salav., 1927, p. 69).
réciproque. Dans une obscurité complète (...) les deux hommes se cherchèrent, s'évitèrent, s'étreignirent, en se lardant à coups de lame (ZOLA, Rome, 1896, p. 35).
En partic. Piquer violemment (un cheval, les flancs d'un cheval) des éperons. La main tordait les rênes comme un garot, sciait les lèvres; les longues jambes lardaient le ventre à grands coups d'éperon (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 184). Il se tenait à la crinière, lardant son roussin (LA VARENDE, Trois. jour, 1947, p. 10).
Au fig. Blesser, irriter. Larder qqn d'épigrammes, de questions, de perfidies, de traits. Mme de Boufflers avait le talent ou la manie des couplets satiriques, alors en vogue; elle lardait son monde à merveille (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 4, 1862, p. 11). Soupe, (...) entêté à obtenir une réponse, insistait, le lardait tout vif d'une obsession de litanies (COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, 2e tabl., I, p. 58). V. allusion ex. 14 et appointer2 ex. 3 :
2. ... Marcel (...) nous mettait tous « dans un même sac » (...) nous supposant hypnotisés, invulnérables comme les fakirs (...) quand il nous lardait d'impertinences...
BLANCHE, Modèles, 1928, p. 131.
2. Littér. Garnir, décorer de place en place. Albums japonais (...) aux couvertures de papier de toutes les nuances, et gaufrés, et sablés d'or, et lardés de petits carrés d'argent (E. DE GONCOURT, Mais. artiste, t. 1, 1881, p. 194). Un ciel noir tout lardé de feux blêmes (LECONTE DE LISLE, Poèmes trag., 1886, p. 93) :
3. Cet impénétrable rideau n'a rien de monotone, grâce à la divergence des feuillages, et si nous avons la précaution de le larder de quelques épines-vinettes, on ne pourra jamais y mettre l'œil...
GRESSENT, Créat. parcs et jardins, 1891, p. 495.
En partic., gén. péj. Émailler (son style, un écrit) de citations, de mots d'esprit trop fréquents. Larder ses discours, ses écrits de citations, de mots grecs ou latins (Ac.). Il écrivait dans un style prétentieux, bariolé de calembours, et lardé de pédantismes agressifs (ROLLAND, J.-Chr., Foire, 1908, p. 677) :
4. Il aimait (...) feuilleter (...) les œuvres de Sidoine Apollinaire dont la correspondance lardée de saillies, de pointes, d'archaïsmes, d'énigmes, le tentait.
HUYSMANS, À rebours, 1884, p. 48.
3. Emplois techn.
a) JEUX. Larder une carte. ,,L'introduire frauduleusement dans un jeu`` (DG).
b) MAR. Garnir (une voile, un morceau de toile à voile) de filins effilochés et enduits de suif pour en faire un tampon servant à aveugler une voie d'eau. Larder une voile. On a travaillé (...) à larder une bonnette pour aveugler la voie d'eau qui pourrait se déclarer (GAIMARD, Voy. Islande, 1852, p. 137).
c) TECHNOL. Garnir (une pièce de bois) de nombreux clous servant à retenir une couche de plâtre. [Les] clous à bateaux [sont] des clous à grosse tête (...) avec lesquels on larde les bois en contact avec le plâtre pour faciliter son adhérence (ROBINOT, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 1, 1928, p. 128).
d) TISS. Larder un tissu. ,,Engager à faux la navette dans les fils de la chaîne`` (DG).
e) TYPOGR. Composition lardée. Composition où les caractères différents de ceux du texte de base sont nombreux. Une composition en romain peut être lardée d'italiques, de gras, de petites capitales (COMTE-PERN. 1963).
REM. 1. Lardage, subst. masc. Action de larder. Cette fille de ruisseau (...) au ventre couturé d'une cicatrice violette, opération ou lardage (ARNOUX, Rêv. policier amat., 1945, p. 280) Spéc. ,,Introduction du blanc [de champignon], de place en place, dans le compost utilisé pour la culture du champignon de couche`` (PLAIS.-CAILL. 1958). Pour procéder au lardage, le champignonniste fractionne le pain de blanc en petits fragments de la grosseur d'une noix et les introduit dans le compost en soulevant le fumier avec les doigts à une profondeur de 2 à 3 cm seulement, afin de favoriser la pénétration de l'air puis, il appuie le compost pour assurer le contact de l'ensemble (J.-L. CARPENTIER, Le Champignon de couche, Paris, Baillière, 1971, p. 89). Le lardage avec un blanc issu immédiatement de chambre froide est généralement à l'origine d'un retard d'envahissement (J.-M. OLIVIER, J. GUILLAUME, La Croissance mycélienne du champignon de couche et les problèmes qui s'y rattachent ds B. de la Fédération Nationale des Syndicats Agricoles des Cultivateurs de champignons 1978, 13, p. 1341). 2. Lardure, subst. fém. ,,Défaut dans un tissu, venant de ce que la navette a lardé la chaîne`` (DG).
Prononc. et Orth. : [], (il) larde []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1155 « introduire (dans une viande) un morceau de lard » (WACE, Brut, éd. I. Arnold, 14119); 1393 « piquer d'ingrédients divers » ici du persil (Ménagier de Paris, éd. Soc. Bibliophiles français, II, 177); fig. 1654 « entremêler » (CYRANO, Pédant joué, 174 ds IGLF : les descriptions de nos écrivains d'aujourd'hui ne sont lardées d'autre chose que des faits d'armes de ces deux gladiateurs [l'Art et la Nature]); 2. 1176-84 « piquer, transpercer » (GAUTIER D'ARRAS, Eracle, éd. G. Raynaud de Lage, 3020); au fig. 2e tiers XIIIe s. (POIRE, 621 ds T.-L.); 3. ca 1200 p. anal. « garnir » (Escoufle, 2984, ibid.); 4. technol. 1678 mar. larder la bonnette (GUILLET, p. 205); 1690 jeux larder une carte (FUR.); 1765 rubanerie, soierie (Encyclop.); id. larder un cheval (ibid); 1794 typogr. copie lardée d'italique (MOMORO, Impr., p. 222); 1867 « planter une multitude de clous dans une pièce de bois afin de faire tenir le plâtre qu'on y applique » (LITTRÉ). Dér. de lard; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 52.

larder [laʀde] v. tr.
ÉTYM. 1155; de lard.
1 Garnir (une pièce de viande) de lardons longs et minces introduits dans l'épaisseur du morceau. || Larder un morceau de bœuf à l'aide d'un couteau, d'une broche ( Lardoire).
2 (1867, Littré). Techn. || Larder une pièce de bois, y planter de nombreux clous pour faire tenir le plâtre qu'on veut y appliquer.(1678). Mar. Garnir une toile (à voile…) d'une couche de filins effilochés et enduits de suif ( Larderasse).(1902, Larousse). || Larder une étoffe, un tissu : engager à faux la navette dans les fils de la chaîne, ce qui provoque un entrelacement irrégulier des fils, défaut appelé « lardure ».
Entailler (un espace pour un bec de carre, une serrure) dans l'épaisseur d'une porte.
3 (V. 1265). Par anal. et fam. Percer de coups, piquer à plusieurs reprises. || Larder quelqu'un de coups d'épée, de couteau.Se larder les doigts de coups d'aiguille. Piquer (se).Se larder le pouce (→ Délacer, cit. 2).
1 (…) le sang coule, sa vue doit vous réjouir. Ne vous attendrissez pas : pensez à larder au bon endroit. Pour arracher ensuite la baïonnette de la poitrine du cadavre, il est bon de lui poser le pied sur le ventre.
A. Maurois, les Discours du Dr O'Grady, X.
Par métaphore :
1.1 Alors une forte odeur d'évier me pinçait les narines, me lardait de pointes d'alcali. J'avais le nez verni.
B. Cendrars, Moravagine, in Œ. compl., t. IV, p. 98.
4 (1611). Fig. || Larder quelqu'un d'épigrammes, de railleries, de moqueries…, de traits. Poursuivre.
2 (…) une pluie de menues épigrammes dont elle tentait de le larder, mais qu'elle appointait et dirigeait assez mal, de sorte que lui ne faisait que s'en amuser.
Gide, Si le grain ne meurt, I, III, p. 78.
Larder un discours de citations latines, d'allusions… Entremêler, semer, truffer.
3 Je ne me permettrai plus de caresses sans les larder de versets de la Bible.
Balzac, le Lys dans la vallée, Pl., t. VIII, p. 979.
——————
lardé, ée p. p. adj.
1 Garni de lardons. || Veau fricassé et lardé (→ Dévorer, cit. 5). || « Une savoureuse portion de veau, généreusement lardée, fricassée dans la poêle et garnie de carottes » (Martin du Gard, les Thibault, in T. L. F.).
2 Techn. || Pièce de bois lardée. || Paillet lardé servant à aveugler une voie d'eau.Étoffe lardée.
3 (En parlant d'un style). Émaillé de citations trop nombreuses. Entrelardé.
4 (…) il écrivait dans un style prétentieux, bariolé de calembours et lardé de pédantismes agressifs (…)
R. Rolland, Jean-Christophe, Foire sur la place, I, p. 677.
4 Par ext. Garnir de façon hétéroclite.
5 (…) tous ces rubans dont vous voilà lardé depuis les pieds jusqu'à la tête (…)
Molière, l'Avare, I, 4.
DÉR. et COMP. Lardage, larderasse, lardoire, lardure. Délarder, entrelarder.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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